Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/124

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il ne peut détruire l’imprimerie. Si on lui en fournissait les moyens, le trône et l’autel pourraient espérer de nouveau les heureux jours du moyen âge.

Un étudiant d’Iéna, un volume de Schiller dans sa poche, vint à Schœnbrunn pour assassiner Napoléon. Il était en uniforme, le bras droit en écharpe ; de ce bras il tenait un poignard. L’étudiant se glissa facilement parmi la foule d’officiers blessés qui venaient demander des récompenses ; mais il mit une insistance trop sombre dans sa demande de parler à l’empereur et dans son refus de s’expliquer avec le prince de Neuchâtel qui l’interrogeait. Le prince le fit arrêter. Il avoua tout. Napoléon voulait le sauver et lui fit faire cette question : « Que ferez-vous si l’on vous rend à la liberté ? » — « Je chercherai à recommencer. »

La bataille de Wagram fut belle : 400.000 hommes se battirent toute la journée. Napoléon, frappé de la bravoure des Hongrois et se souvenant de leur esprit national, eut quelque velléité de faire de la Hongrie un royaume indépendant ; mais il craignit de négliger l’Espagne, et, d’ailleurs, il ne vit jamais toute l’étendue de cette idée.

Ses flatteurs lui représentaient depuis longtemps qu’il devait à sa dynastie de