Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/133

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ministres, Napoléon parcourait avec eux avec la rapidité ordinaire de son imagination et de son élocution toutes les faces de cette question. Quand on lui disait qu’il n’y avait pas moyen d’engager le prince des Asturies à échanger les monarchies d’Espagne et d’Amérique contre le petit royaume d’Étrurie, qu’après s’être vu enlever le premier trône, la possession du second devait lui sembler bien précaire. « Eh bien, qu’il me déclare la guerre ! »

Un homme capable d’une sortie aussi singulière, n’est pas un Philippe II, comme on voudrait nous le faire croire. Il y a de l’honneur et beaucoup d’honneur dans une telle objection. Il y avait aussi beaucoup de sagesse.

On la retrouve dans la conversation imprimée par M. Escoïquiz. « Au reste si mes propositions ne conviennent pas à votre prince, il peut, s’il le veut, retourner dans ses États ; mais, avant tout, nous fixerons ensemble un terme pour ce retour ; après quoi, les hostilités commenceront entre nous. »

Un des négociateurs employés par Napoléon, prétend lui avoir fait des objections sur la nature même de son entreprise : « Oui, dit-il, je sens que ce que je fais n’est pas bien, mais qu’ils me déclarent donc la guerre ! »