Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/134

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L’empereur disait à ses ministres : « Il faut que je juge cette entreprise bien nécessaire à ma tranquillité, car j’ai bien besoin de marine et ceci va me coûter les six vaisseaux que j’ai à Cadix. »

D’autres fois : « Si ceci devait me coûter 80 mille hommes, je ne le ferais pas ; mais il n’en faudra pas 12 mille ; c’est un enfantillage. Ces gens-ci ne savent pas ce que c’est qu’une troupe française. Les Prussiens étaient comme eux et on a vu comment ils s’en sont trouvés. »

Cependant, après huit jours de mortelles angoisses la négociation n’avançait pas. Il fallait sortir de là ; Napoléon n’était pas accoutumé à la résistance ; c’était un esprit gâté par une suite inouïe de succès et par le despotisme ; il pouvait devenir féroce par embarras. Un jour, dit-on, le mot de château-fort lui échappa. Le lendemain, il en demanda pardon à son ministre : « Il ne faut pas vous formaliser de ce que vous avez entendu hier ; sûrement je ne l’aurais pas fait. »