Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/207

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siasme des belles âmes de toutes les classes. Le côté droit de l’Assemblée Constituante présenta une résistance inopportune ; il fallut de l’énergie pour la vaincre : c’était appeler sur le champ de bataille tous les jeunes gens de la classe moyenne qui n’avaient pas été étiolés par la politesse excessive[1]. Tous les rois de l’Europe se liguèrent contre le jacobinisme. Alors nous eûmes l’élan sublime de 1792. Il fallut un surcroît d’énergie et des hommes d’une classe encore moins élevée où de très jeunes gens se trouvèrent à la tête de toutes les affaires[2]. Nos plus grands généraux sortirent du rang des soldats pour commander, comme en se jouant, des armées de 100.000 hommes[3]. À ce moment, le plus grand des annales de la France, la politesse fut proscrite par des lois. Tout ce qui avait de la politesse devint justement suspect à un peuple enveloppé de traîtres et de trahisons, et l’on voit qu’il n’avait pas tant de torts de penser à la contre-révolution[4].

Mais ce n’est pas avec une loi, et par un

  1. MM. Barnave, Mounier, Thibaudeau, Bérenger, Boissy d’Anglas, les Merlin, etc., etc.
  2. Danton, Saint-Just, Collot d’Herbois, d’Églantine et toute la canaille si énergique de la Convention et des Jacobins.
  3. Le général Hoche, fils d’une fruitière, Moreau, étudiant en droit.
  4. Voir les indices des conspirations de cette époque dans la Biographie des Vivants, par Michaud.