Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/217

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compenser quelques dames qui avaient fait voir de la générosité dans ce grand danger qui se montrait tout-à-coup, au milieu des agréments d’un bal.

Le cercle commença à huit heures à Saint-Cloud et se trouva composé, outre l’empereur et l’impératrice, de sept dames et de MM. de Ségur, de Montesquiou et de Beauharnais. Les sept dames, dans une assez petite pièce et en très grand habit de cour, étaient rangées contre le mur, l’empereur auprès d’une petite table regardant des papiers. Au bout d’un quart d’heure de profond silence il se leva et dit : « Je suis las de travailler ; qu’on fasse entrer Costaz ; je verrai les plans des palais. »

Le baron Costaz, le plus boursouflé des hommes, entre avec des plans sous le bras. L’empereur se fait expliquer les dépenses à faire l’année suivante à Fontainebleau qu’il voulait achever en cinq ans. Il lit d’abord le projet, s’interrompant pour faire des observations à M. Costaz. Il ne trouve pas justes les calculs de remblais qu’a faits celui-ci pour un étang qu’on voulait combler. Le voilà qui se met à faire des calculs sur la marge du rapport ; il oublie de mettre du sable sur ses chiffres ; il les efface et se barbouille. Il se trompe ; M. Costaz lui rappelle les