Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/83

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de se faire déclarer empereur des Gaules. Le ridicule en fit justice. On vit sur le boulevard une caricature représentant un enfant conduisant des dindons avec une gaule, et au-dessous, ces mots : L’Empire des Gaules. La garde des consuls lui prouva par ses murmures qu’elle n’avait pas encore oublié ses cris de : Vive la République, qui l’avaient si souvent conduite à la victoire. Lannes, le plus brave de ses généraux, qui, en Italie, lui avait sauvé Sa vie deux fois et dont l’amitié allait jusqu’à la passion, lui fit une scène de républicanisme.

Mais un Sénat servile et un peuple insouciant le firent consul à vie, avec le pouvoir de désigner son successeur. Il ne lui restait plus à désirer qu’un vain titre. Les événements extraordinaires, dont nous allons rendre compte, le revêtirent bientôt après de la pourpre impériale[1].

  1. Peut-être ôter : bientôt après.