Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/94

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page donnèrent ce qu’on cherchait. Il disait que le brick avait débarqué plusieurs Français, il s’en rappelait particulièrement un, un bon compagnon, fort gai, qu’on appelait Pichegru. C’est ce mot qui fit découvrir une conspiration qui, si elle eût réussi, aurait précipité pour une seconde fois la nation française dans les hasards d’une révolution. Le capitaine Wright fut amené au Temple ; il devait y rester jusqu’au moment où l’on jugerait convenable de commencer le procès des conspirateurs. Les lois françaises auraient conduit Wright à l’échafaud. Mais ce détail n’avait aucune importance. L’essentiel était de s’assurer des chefs de la conspiration. » L’empereur finit par donner plusieurs fois l’assurance que le capitaine Wright avait mis fin à ses jours de ses propres mains, ainsi qu’il est dit dans le Moniteur, et de beaucoup meilleure heure qu’on ne le croit généralement.

Quand, à l’île d’Elbe, lord Ebrington mentionna à l’empereur la mort du capitaine Wright, d’abord, il ne se rappela pas ce nom anglais, mais, quand on lui apprit que c’était un compagnon de sir Sydney Smith, il dit : « Est-il donc mort en prison, car j’ai entièrement oublié la circonstance ? » Il repoussa toute idée de coup d’État, ajouta qu’il n’avait fait mettre à