Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/96

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CHAPITRE XXVII


Le chirurgien Warden raconte qu’après l’histoire du capitaine Wright, et à son grand étonnement, Napoléon se mit à parler de la mort du duc d’Enghien. Il parlait avec vivacité et en se levant souvent du sopha sur lequel il était couché. « À cette époque de ma vie si pleine d’événements[1], j’avais réussi à redonner l’ordre et la tranquillité à un empire renversé de fond en comble par les factions et nageant dans le sang. Un grand peuple m’avait mis à sa tête. Remarquez que je n’arrivais pas au trône comme votre Cromwell ou votre Richard III. Rien de pareil : je trouvai une couronne dans le ruisseau, j’essuyai la boue qui la couvrait et la mis sur ma tête. Ma vie était indispensable pour la durée de l’ordre si récemment rétabli, et que j’avais su conserver avec tant de succès, ainsi que le reconnaissaient en France les gens qui étaient à la tête de l’opinion. À cette époque, chaque nuit, on m’apportait des rapports,

  1. Warden, p. 144.