Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/98

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Autant que les circonstances me mettaient à même de le juger, l’argent devait-être le but de cet homme. Il fut arrêté ; on le fit comparaître devant des agents de la police déguisés en juges, par lesquels il fut condamné à mort, et on lui annonça que l’arrêt était exécutoire dans un délai de six heures. Le stratagème eut son effet : il avoua.

« On savait que Pichegru avait un frère, un vieux moine retiré à Paris. Le moine fut arrêté et, au moment où les gendarmes l’emmenaient, une plainte qui lui échappa découvrit enfin ce que j’avais tant d’intérêt à connaître : « C’est parce que j’ai donné asile à un frère que je suis traité de la sorte. »

La première annonce de l’arrivée de Pichegru à Paris avait été donnée par un espion de la police qui rapporta une conversation curieuse qu’il avait entendue entre Moreau, Pichegru et Georges dans une maison sur le boulevard. On y avait arrêté que Georges se déferait de Bonaparte, que Moreau serait premier consul et Pichegru second consul. Georges insista pour être troisième consul. À quoi les autres objectèrent que comme il était connu pour royaliste, toute tentative pour l’associer au gouvernement les perdrait tous dans l’opinion publique. Sur quoi, le fougueux