Page:Sue - Le Juif errant - Tomes 9-10.djvu/382

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


irréfléchie, involontaire, une commotion fulgurante, pareille à celle qui de son cœur fait jaillir le sang à ses yeux qu’il trouble, à son cerveau qu’il égare, lorsque l’homme d’honneur se sent frappé au visage…

Si pendant ce moment terrible, rapide comme la clarté de la foudre qui sillonne la nue, l’action avait remplacé la pensée de Djalma, la princesse, Adrienne, la Mayeux et lui-même eussent été anéantis par une explosion aussi effroyable, aussi soudaine, que celle d’une mine qui éclate.

Il eût tué la princesse parce qu’elle accusait Adrienne d’une trahison infâme, Adrienne parce qu’on pouvait la soupçonner de cette infamie, la Mayeux parce qu’elle était témoin de cette accusation ; lui-même enfin se fût tué pour ne pas survivre à une si horrible déception.

Mais, ô prodige !… son regard sanglant, insensé, a rencontré le regard d’Adrienne, regard rempli de dignité calme et de sereine assurance, et voilà que l’expression de rage féroce qui transportait l’Indien a passé… fugitive comme l’éclair.

Bien plus, à la profonde stupeur de la princesse et de la jeune ouvrière, à mesure que les regards que Djalma jetait sur Adrienne deve-