Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 12.djvu/192

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ment pratiquer la vérité : tels sont les faits qui suffisent à démontrer que la mission de votre Majesté venait d’en-haut lorsqu’elle s’est élancée à pas de géant dans le sentier de la victoire. Permettez donc, roi très-chrétien, que, pour consolider les résultats glorieux déjà obtenus par la guerre et par la paix, notre zèle et notre attachement apostoliques excitent encore votre piété royale, ainsi que vous le fera mieux comprendre sur plusieurs points notre nonce, l’archevêque de Florence. — En attendant, nous n’omettrons pas de placer au pied du trône de la miséricorde divine, les sentiments paternels dont notre cœur est rempli pour votre conservation et le succès de vos vœux pour la gloire de Dieu, afin que la bénédiction apostolique que nous vous donnons puise sa confirmation et sa force dans cette source propice.

» Donné à Rome, à Sainte-Marie-Majeure, sous l’anneau du pêcheur, le 23 août 1672, la troisième année de notre pontificat.

» Clément[1]. »...............................

Oui cela est écrit, oui cela est signé d’une main pontificale… Les entrailles de la charité du saint-père ne savaient plus se contenir, parce que Louis XIV avait violemment envahi et dépouillé la Hollande, cette puissance nuisible aux intérêts de la royauté et élevée sur les ruines du pouvoir légitime. Dieu juste ! légitime, le pouvoir de Philippe II ! ce spectre vivant, cet inquisiteur couronné ! ce monstre qui, un demi-siècle durant, couvrit d’échafauds, de chevalets, de potences, de bûchers, les Pays-Bas espagnols ! s’acharnant, féroce et vain espoir ! à noyer dans le sang, à étouffer dans les flammes l’esprit de résistance et de liberté de ces provinces… Ah ! si les forfaits de ce roi sont légitimes ! légitimes sont les représailles ! Sainte, trois fois sainte est l’insurrection de ces peuples qui, après des luttes héroïques, ont brisé le joug de la monarchie espagnole et, fédérés en république, proclamé, maintenu leur indépendance… jusqu’au jour où Louis XIV les envahit ! 


  1. Archives des affaires étrangères, Rome, 1672, carton X, lettre D.