Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 12.djvu/53

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part le prince de Condé, les ducs de Guise, de Mayenne, de Vendôme, de Nevers, de Rohan et autres grands seigneurs, le parti de la cour, après de fréquentes défaites, reprend l’avantage. Le prince de Condé est mis à la Bastille. Richelieu, évêque de Luçon, publie, en faveur de la reine, un mémoire très-habile, où il expose que le prince de Condé voulait détrôner Louis XIII, et que la révolte des grands seigneurs n’a d’autre cause que leur avidité inassouvie. Ainsi, Richelieu prouve que M. le prince de Condé avait reçu, en six ans, de la reine, 3,660,000 livres ; M. et madame la princesse de Conti, 1,400,000 liv. ; M  de Guise, 1,700,000 liv. ; M. le duc de Nevers, 1,600,000 liv. ; M. le duc de Longueville, 1,200,000 liv. ; MM. de Mayenne père et fils, 2,000,000 de liv. ; M. le duc de Vendôme, 600,000 liv. ; M. le duc d’Épernon et ses enfants, 700,000 liv. ; M. de Bouillon, 1,000,000 de liv., etc., etc.

Ces sommes énormes prodiguées à ces princes du sang, à ces grands seigneurs, l’impôt les fournissait ; et sur qui, notamment, pesait l’impôt ? Hélas ! toujours sur Jacques Bonhomme ! Louis XIII ordonna la confiscation des biens des révoltés, fit marcher contre eux trois armées, sans remporter de victoire décisive. L’aversion que l’insolente fortune de Concini, le favori de la reine, inspirait à tous était secrètement partagée par Louis XIII. Lâche, soupçonneux, irrésolu et cruel, il abhorrait depuis longtemps l’amant de sa mère, sans oser cependant manifester trop hautement cette haine. Cependant, un jour, il se détermine, en roi de bonne race, à faire assassiner l’homme qu’il exécrait, mande M. de Vitry, l’un de ses capitaines des gardes, et lui propose le bâton de maréchal de France, à la condition de tuer le Concini : marché conclu. M. de Vitry s’associe à son frère et à plusieurs gentilshommes de bon vouloir, et, le 24 avril 1617, le maréchal d’Ancre est assassiné, sur le pont tournant, en face du Louvre. Les meurtriers, en gens de prévoyance, dépouillèrent le cadavre, puis allèrent piller l’appartement et les pierreries de la maréchale d’Ancre. « — Merci à vous, mes amis ;