Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 12.djvu/54

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maintenant, je suis roi ! » — dit Louis XIII à M. de Vitry et à ses compagnons de tuerie, ainsi qu’avait dit Henri III à Loignac et aux quarante-cinq, après le meurtre du Balafré. Marie de Médicis fut, par ordre de son fils, gardée prisonnière dans son appartement ; la veuve de Concini, Éléonore Galigaï, eut la tête tranchée, après quoi son corps fut brûlé. Au règne du favori de la reine succéda le règne du favori du roi, un bel adolescent, capitaine de fauconnerie, Albert de Luynes ; il exerçait un empire absolu sur Louis XIII, lequel (alors âgé de quinze ans et demi), après avoir fait assassiner l’amant de sa mère, qu’il exila plus tard, retourna vite, l’innocent jouvenceau ! à ses amusements favoris : « enluminer des gravures, battre du tambour, sonner du cor de chasse et construire de petits jets d’eau avec des tuyaux de plume. » Jeux candides que partageait Anne d’Autriche, aussi jeune que ce roitelet à qui on l’avait mariée l’année précédente. Marie de Médicis, envoyée par son fils prisonnière au château de Blois, s’en échappe, en 1619, avec l’aide du duc d’Épernon, ennemi mortel de Luynes. Ce favori de Louis XIII égalait en insolence le maréchal d’Ancre, et, comme lui, souleva la haine de la seigneurie. Une nouvelle guerre civile s’allume en 1620. Marie de Médicis… touchant exemple de bon accord familial si souvent donné au monde par les races royales !… Marie de Médicis se joint aux mécontents armés contre son fils et commandés par le duc de Longueville. Le roi, d’après les conseils de Condé, sorti de la Bastille, marche contre les rebelles, qui tenaient campagne en Normandie, les met en déroute au pont de Cé, le 8 août, et la reine se soumet à son fils, lui demandant la paix. Elle est signée le 13. Les ducs d’Épernon et de Mayenne, chefs de la révolte, se soumettent également. Depuis la mort de Henri IV, l’édit de Nantes n’était plus observé ; d’atroces persécutions se renouvelaient contre les réformés. Ils sont forcés de reprendre les armes pour défendre leur vie. La place forte du protestantisme était toujours La Rochelle ; les chefs huguenots s’y retirent, organisent la résistance de leur parti et ten-