Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 4.djvu/168

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— Que ta gloire (T) soit la bienvenue dans mon domaine… Il est en partie composé de terres saliques : je les tiens de mon père, qui les tenait autant de son épée que de la générosité de ton aïeul Clovis… C’est ton droit de loger, en voyage, chez les comtes et bénéficiers du roi ; c’est pour eux un plaisir de t’accueillir.

— Comte, — dit insolemment le Lion de Poitiers, — ta femme vaut-elle la peine qu’on la courtise ?

— Mon favori qui te demande, à sa manière, si ta femme est belle, — dit Chram en faisant signe au Gaulois renégat de se modérer, — mon favori, le Lion de Poitiers est de sa nature fort plaisant.

— Alors, je répondrai au Lion de Poitiers qu’il ne pourra, non plus que toi, juger si ma femme est belle ou laide, car elle est enceinte et malade et ne sortira point de chez elle…

— Si ta femme est enceinte, — reprit le lion, — de qui est l’enfant ?…

— Comte, ne te fâche pas de ces railleries… Je te l’ai dit, mon ami est d’un naturel plaisant.

— Chram, je ne m’offenserai donc pas des railleries de ton favori… Allons au burg.

— Marchons, comte.

L’on s’avance vers le burg et l’on cause.

— Comte, avoue à notre royal maître Chram qu’en tenant ta femme renfermée tu caches ton trésor de crainte qu’on te le prenne !…

— Mon favori Spatachair, qui te parle de la sorte, Neroweg, est aussi d’un joyeux esprit.

— Roi, tu choisis des amis très-gais, ce me semble.

— Neroweg, tu nous caches ta femme… c’est ton droit… Nous la dénicherons… c’est le nôtre… Pour un bon larron, il n’y a pas de cachette.

— Chram, celui-ci est encore un de tes joyeux amis, sans doute ?

— Oui, comte, et des plus joyeux… il se nomme Imnachair.

— Et moi, qui me nomme Neroweg, je demanderai au seigneur