Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 4.djvu/169

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Imnachair ce que fait le larron lorsqu’il a déniché la cachette qu’il cherche ?

— Neroweg, ta femme te contera la chose quand nous aurons déniché cette belle, car nous la dénicherons, aussi vrai que je suis le Lion de Poitiers !

— Et moi, aussi vrai que je suis comte du roi en ce pays d’Auvergne, — s’écria Neroweg, — je tuerais un lion comme un renardeau, comme un chien, si le Lion se voulait donner dans ma demeure des airs de lion !…

— Oh ! oh ! comte, tu parles résolument ! est-ce cette brillante armée qui est sur tes talons qui te donne cette audace ? — répondit le favori du roi en montrant du geste les leudes dépenaillés de Neroweg. — Si cette bande vaut ce qu’elle paraît, nous sommes perdus !

Deux ou trois des leudes du comte qui s’étaient peu à peu rapprochés, ayant entendu les insolentes railleries des favoris de Chram, murmurèrent tout haut d’un air farouche :

— Nous n’aimons pas que l’on raille Neroweg !

— Les leudes d’un comte valent bien les leudes royaux !

— Le poli de l’acier ne fait pas sa trempe !

L’un des hommes de Chram se retourna vers ses compagnons, et leur dit en riant, montrant du bout de sa lance les gens du comte en faisant allusion à leur grossier équipement :

— Sont-ce là des esclaves de charrue déguisés en guerriers ? ou des guerriers déguisés en esclaves de charrue ?

La truste royale répondit à cette plaisanterie par de grands éclats de rire ; déjà de côté et d’autre on se regardait d’un air de défi, lorsque l’évêque Cautin s’écria :

— Mes chers fils en Christ, moi, votre évêque et père spirituel, je vous engage au calme et à la paix…

— Comte, — dit gaiement Chram à Neroweg, — défie-toi de ce luxurieux et hypocrite évêque… Ne le laisse pas, ce bon apôtre, don-