Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 4.djvu/182

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Chram, fils de Clotaire, je jure, au nom de l’indivisible Trinité et du grand Saint-Martin, je jure, selon la formule consacrée en Germanie, « que si toi, Neroweg, comte de la ville de Clermont en Auvergne, toi et tes leudes, qui regardiez autrefois du côté du roi mon père, vous voulez maintenant vous tourner vers moi, Chram, me proposant de m’établir roi sur vous, et que je m’y établisse, je te ferai duc d’une grande province à ton choix, et te donnerai les domaines, maisons, esclaves et trésors du plus riche des seigneurs qui auront tenu pour mon père contre moi… »

« — Et moi, Neroweg, comte de la ville de Clermont en Auvergne, je jure sur les Évangiles que voici, je jure, au nom de l’indivisible Trinité et du grand Saint-Martin, que si les comtes et ducs du Poitou, du Limousin et de l’Anjou, au lieu de regarder comme autrefois du côté de ton père, se tournent ouvertement vers toi, et en armes, te proposant de t’établir roi sur eux, je me tournerai aussi vers toi, Chram, moi et mes hommes, pour que tu t’établisses roi sur nous. Que je sois voué aux peines éternelles, moi, Neroweg, si je manque à mon serment !… »

— Que je sois voué aux peines éternelles, moi, Chram, si je manque à mon serment !…

— C’est juré…

— C’est juré…

— Maintenant, comte, laisse-moi examiner de plus près cette magnifique boîte à Évangile…

— Excuse-moi… cette boîte craint terriblement la poussière…

— Comte, je n’ai vu personne de comparable à toi pour ouvrir et fermer prestement un coffre…

— C’est toujours afin que la poussière n’y entre point.

— À cette heure, autre chose… Notre serment nous lie, je peux te parler sans détour… Il faut d’abord que je fasse mourir mes quatre frères, Gontran, Sigibert, Chilperik et Charibert.

— Le glorieux Clovis, ton aïeul, procédait toujours de cette façon