Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 4.djvu/181

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— Je le combattrai, et je le tuerai si je peux… N’a-t-il pas tué ses neveux et pillé les trésors de son frère Chlodomir ?…

— Je ne te blâme point en ceci… je pense à ce qui peut m’advenir, à moi…

— À toi, comte ?

— Si dans ta guerre contre ton père tu as le dessous, et que je m’en sois mêlé, de cette guerre… il m’arrivera malheur… Je serai dépouillé comme traître des terres que je tiens à bénéfices ; il ne me restera que mes terres saliques

— Voudrais-tu gagner sans risquer d’enjeu ?

— Je préférerais cela de beaucoup… Mais écoute, Chram ; que les comtes et ducs du Poitou, du Limousin, de l’Anjou, prennent parti avec toi contre ton père, alors moi et mes hommes nous obéirons à ta bouche… mais je ne me déclarerai pour ta cause que lorsque les autres se seront ouvertement déclarés en armes les premiers…

— Tu veux jouer à coup sûr ?

— Oui, je veux risquer peu pour gagner beaucoup…

— Soit… alors échangeons nos serments.

— Attends, roi…

— Que vas-tu faire ? pourquoi ouvrir ce coffre ?… Laisse donc du moins le couvercle relevé, que je voie tes trésors…

— Je t’assure qu’il n’y a presque rien là dedans, et le peu qu’il y a craint fort la poussière.

— Par ma chevelure royale ! je n’ai de ma vie vu plus magnifique boîte à Évangile que celle que tu viens de tirer de ce coffre… ce n’est qu’or, rubis, perles et escarboucles… Où as-tu pillé cela ?

— Dans une villa de Touraine : le cahier d’Évangile qui est dedans est tout écrit en lettres d’or…

— C’est la boîte qui est superbe… j’en suis ébloui…

— Roi, nous allons nous engager par serment sur cet Evangile à tenir nos promesses…

— J’y consens… Or donc, sur les saints Évangiles que voici, moi,