Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 4.djvu/251

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CHAPITRE IV.


Ronan le Vagre revient en Bretagne accomplir le dernier vœu de son père Karadeuk. — Il retrouve Kervan, frère de son père. — Ce qui est advenu à Ronan le Vagre, avant et durant son voyage.




Deux ans se sont écoulés depuis la mort du comte Neroweg… On est en hiver:le vent siffle, la neige tombe. Par une nuit pareille, il y a de cela près de cinquante ans, Karadeuk, petit-fils du vieil Araïm, avait quitté la maison de son père où se passe ce récit, pour aller courir la Bagaudie, séduit par les récits du colporteur.

Le vieil Araïm est mort depuis très-longtemps, regrettant jusqu’à la fin Karadeuk, son favori ; Jocelyn et Madalèn, père et mère de Karadeuk, sont aussi morts ; son frère aîné, Kervan, et sa douce sœur Roselyk, sont encore vivants, et habitent la maison située près des pierres sacrées de Karnak. Kervan a soixante-huit ans passés ; il s’est marié déjà vieux : son fils, âgé de quinze ans, s’appelle Yvon; la blonde Roselyk, sœur de Kervan, est presque aussi âgée que lui : ses cheveux sont devenus blancs ; elle est restée fille et demeure avec son frère Kervan et sa femme Martha.

Le soir est venu, le vent souffle au dehors, la neige tombe.

Kervan, sa sœur, sa femme, son fils et plusieurs de leurs parents, qui cultivent avec eux les mêmes champs que cultivait, il y a plus