Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 4.djvu/335

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Tous les antrustions étaient des fidèles, mais les fidèles n’étaient pas tous des antrustions. Marculf nous a donné la formule de l’acte par lequel le roi reçoit un de ses fidèles au nombre des antrustions. Cette formule, intitulée : De l’antrustion du Roi, a trop d’importance pour qu’on néglige de la reproduire ici. Elle peut se traduire de la manière suivante : « Il est juste que ceux qui nous promettent une foi inviolable soient placés sous notre protection. Et comme N., notre fidèle, par la faveur divine, est venu ici, dans notre palais, avec ses hommes libres, arimannia sua, et nous a juré, avec eux, en nos mains, assistance, trustem et fidélité, nous décrétons et ordonnons par le présent précepte, que ledit N. soit désormais compté au nombre des antrustions. Que celui donc qui aura l’audace de le tuer, sache qu’il sera condamné à payer 600 sous d’or pour son wirgelt. » Dans cette formule, le mot arimannia signifie, non pas proprement les hommes libres vivant dans la dépendance du récipiendaire, mais les hommes libres venus pour prêter serment avec lui, c’est-à-dire ses conjurateurs.

L’antrustion jouissant, sous la protection royale, d’un wirgelt trois fois plus fort que celui du simple homme libre, avait pour sa sûreté personnelle trois fois plus de garantie que ce dernier. Cet avantage d’une composition triple lui était assuré non seulement pour le cas de meurtre, mais encore pour toute espèce d’attentat ou d’injure contre sa personne. Les causes des antrustions étaient déférées, en dernier ressort, au tribunal du roi ; mais il leur était interdit de porter témoignage les uns contre les autres.

Ce n’étaient pas les seuls hommes libres, c’étaient aussi des personnes plus ou moins engagées dans la dépendance d’autrui, que le roi prenait sous sa protection spéciale. Des femmes mêmes y étaient admises. ( Guérard, Polyptique d’Irminon.)


(O) «… Car auprès de Chram était aussi un certain Lion de Poitiers, violent aiguillon pour le pousser à tous les excès ; bien digne de son nom, il déployait la cruauté d’un lion pour satisfaire à tous ses désirs ; on prétend qu’un jour il osa dire que saint Martin et saint Martial, les confesseurs du Seigneur, n’avaient rien laissé au fisc qui vaille, etc. » (Grégoire de Tours, Histoire des Franks, liv. IV, chap. XVI.)


(P) Imnachair et Spatachair étaient les premiers affidés du roi Chram ; un jour il leur dit : « Allez et arrachez par force de l’église Firmin et Césarie, sa belle-mère. Chram résidait à Clermont, réunissant des personnes de vile condition, et dans la fougue de la jeunesse il les adoptait exclusivement pour amis et conseillers, leur livrait des filles de nobles et donnait même des diplômes pour les faire enlever de force… L’évêque Cautin sortit un jour de la ville vivement affligé, craignant d’éprouver en route quelque accident, car le roi Chram lui faisait aussi des menaces. » (Grégoire de Tours, Histoire des Franks, liv. IV, chap. XIII.)


(Q) Cependant Chram commettait toutes sortes de violences en Auvergne, et était toujours l’ennemi déclaré de l’évêque Cautin. En ce temps, Chram fut dangereusement malade, et ses cheveux tombèrent par suite d’une fièvre violente. (Grégoire de Tours, liv. IV, chap. XVI.)


(R) Vie privée des Français, par M. de la Bédollière.