Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 4.djvu/55

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ceinte touchant à ce bout de ta forêt, séparé du restant de tes domaines par la rivière ?

— Si mes esclaves forestiers ont lancé des cerfs chez toi, tes esclaves en lanceront une autre fois chez moi : nos bois ne sont séparés que par une route.

— C’est dommage… notre limite à tous deux devrait être la rivière.

— Il me faudrait pour cela t’abandonner les cinq cents arpents de bois qui sont en delà de la rivière.

— Est-ce que tu y tiens beaucoup à ce bout de forêt ? elle est bien chétive en cet endroit-là…

— Chétive ! il y a des chênes de vingt coudées, et c’est la partie la plus giboyeuse de mes biens…

— Tu vantes ton domaine, c’est ton droit ; mais, dans ton intérêt même, tu serais mieux et plus sûrement limité, si tu l’étais par la rivière, et si tu te débarrassais de ces mauvais cinq cents arpents qui touchent à mes terres…

— Pourquoi me parles-tu de mes bois ? je n’ai plus d’absolution à te demander… entends-tu, évêque ?

— Non… tu as tué une de tes femmes, une de tes concubines, et ton frère Ursio… tu as expié ces crimes en douant l’Église : tu es absous… Cependant… et cela me revient seulement maintenant à l’esprit, cependant nous n’avons pas songé à une chose…

— À laquelle, patron ?

— Ta quatrième femme Wisigarde a péri par tes mains de mort violente ; elle n’a pas reçu en mourant l’assistance d’un prêtre… son âme est en peine, il se pourrait qu’elle vînt te tourmenter la nuit sous figure de fantôme effrayant, jusqu’à ce que tu aies tiré de peine cette pauvre âme…

— Comment la tirer de peine ?

— Par des prières que dirait un prêtre du Seigneur.

— Je ne suis pas prêtre, moi !