Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 4.djvu/90

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CHAPITRE II.


Un festin en Vagrerie. — Meurtres de Clothaire, nouveau roi d’Auvergne, et miracles faits en sa faveur. — La ronde des Vagres. — Karadeuk le Bagaude. — Loysik l’ermite. — Comment l’évêque Cautin est miraculeusement enlevé au ciel par des Séraphins et comment il descend fort promptement de l’empirée. — Le comte Neroweg et ses leudes. — Attaque des gorges d’Allange.




Quels beaux festins l’on festoie en Vagrerie ! daims, cerfs, sangliers, tués la veille par les Vagres dans la forêt qui ombrage les gorges d’Allange, ont été, comme les bœufs des chariots, dépecés et grillés au four… Quoi ! un four en pleine forêt ? un four capable de contenir bœufs, daims, cerfs et sangliers ? Oui, le bon Dieu a creusé pour les bons Vagres plusieurs de ces fours dans les gorges profondes de l’Allange, volcan éteint comme les autres volcans de l’Auvergne… N’est-ce point un véritable four que cette grotte cintrée, profonde, où un homme peut se tenir debout ? donc, remplissez cette grotte de bois sec, un ou deux chênes morts vous suffisent ; mettez le feu à ce bûcher ; il se consume, devient brasier : sol, parois, voûte de lave, tout rougit bientôt, et l’on enfourne dans cette bouche ardente comme celle de l’enfer, daims, cerfs, sangliers entiers et bœufs dépecés; après quoi l’on referme l’ouverture de la grotte avec des pierres de lave sous une montagne de cendre brûlante chaude… quatre