Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 4.djvu/89

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dans les chaudes cavernes… Debout, mes bons Vagres ! debout, le soleil monte ; nous avons là, dans nos chariots, du butin à distribuer sur notre passage… En route, petite Odille, en route, belle évêchesse ! pillons les seigneurs, et largesse ! largesse au pauvre monde ! conservons seulement de quoi faire cette nuit grand gala dans les gorges d’Allange, sous le dôme des vieux chênes !… En route ! nous avons un évêque pour cuisinier, nous festoierons en princes… et demain, la dernière outre vidée, en chasse, mes Vagres ! en chasse ! tant qu’il restera en Gaule un burg de Franks et une maison épiscopale !…

Et la troupe se remit en marche au bruit du chant des Vagres… Lorsque, au soleil couché, ils arrivèrent aux gorges d’Allange, l’un de leurs repaires, tout le butin emporté de la villa épiscopale avait été distribué sur la route aux pauvres gens.. il ne restait dans les chariots que quelques matelas pour les femmes, les vases d’or et d’argent pour boire le vin de l’évêque, et des provisions suffisantes pour le grand gala de la nuit… Les huit paires de bœufs des chariots devaient être le rôti de ce festin gigantesque ; car sur sa route la troupe des Vagres s’était encore recrutée d’esclaves, d’artisans, de laboureurs et de colons, tous réduits à la rage de la misère, sans compter bon nombre de jolies filles, curieuses de courir un peu la Vagrerie !