Page:Sue - Martin l'enfant trouvé, vol. 3-4.djvu/33

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— Léonidas… mon minet… ça va-t-il mieux maintenant ?

— Mieux… mieux… — dit la voix, — mais la rivière… jamais… oh !… jamais ! dites-le au voiturier.

— Ce gaillard a été gâté par la fréquentation du Nil, — dit la Levrasse d’un air capable ; — il ne peut plus souffrir d’autre fleuve… Aristocrate ! va ! — ajouta-t-il en se tournant vers la boîte.

— Ah ! Monsieur la Levrasse, — dit le charretier en hochant la tête, — quelles fameuses recettes vous allez faire sur toute la route ! À chaque village, à chaque bourg, à chaque ville, mon haquet était suivi d’une vraie queue de monde. — Ah ! un homme-poisson !… un homme-poisson !… ça doit être farce et curieux ! — que chacun disait, en lisant votre écriteau. — Oui, mes amis, — que je répondais, — je le conduis à Mr. la Levrasse dont il est la propriété, et, comme il repassera par ici avec sa troupe, vous verrez l’homme-poisson…

La Levrasse interrompit le voiturier :

— Tu as passé à Saint-Genêt ? — lui dit-il.

— Oui, bourgeois.

— Et ma commission ?

— J’ai remis votre lettre. Ah ! bourgeois, c’est à fendre l’âme ; le charron est quasi moribond.

À ces mots, mon attention redoubla ; Bamboche avait complété ses confidences, en me disant le nom du village où demeurait le pauvre charron, père de la petite Jeannette, la future Basquine de la troupe.

— Ainsi c’est vrai, le charron est bien malade ! — s’écria la Levrasse, sans pouvoir dissimuler sa joie. —