Page:Sue - Paula Monti, tome 1, 1845.djvu/80

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


La princesse parcourut d’un pas rapide la longue allée de pins qui aboutissait à une des ailes de l’hôtel.

De temps à autre les rayons de la lune, glissant à travers le branchage touffu, faisaient une pâle trouée dans les ténèbres qui couvraient cette allée ; c’était alors quelque chose de bizarre à voir que la figure de la princesse, passant avec sa robe et son camail noirs au milieu de ces éclaircies de lumière douteuse et blanchâtre.

Les anciennes habitations comme l’hôtel Lambert avaient toujours de mystérieux petits escaliers aboutissant à l’alcôve ou aux cabinets des chambres à coucher. L’habitude d’un grand apparat, les exigences de la représentation et d’une rigoureuse étiquette, le nombre immense de domestiques de tous grades, sans cesse allant et venant pour leurs services variés, laissaient si peu de liberté qu’on était généralement réduit aux expédients nocturnes.

On ne s’étonnera donc pas de voir madame de Hansfeld, en arrivant à l’aile gauche de l’hôtel, ouvrir une petite porte cachée dans un massif d’arbres, et gravir lestement un escalier étroit et rapide qui la conduisit en peu d’instants dans un vaste cabinet qui précédait sa chambre à coucher.

A peine entrée, la princesse se jeta dans un grand fauteuil, comme si elle eût été épuisée de fatigue.

Pendant ce temps, la personne qui l’avait suivie verrouilla la porte de l’escalier secret, se débarrassa