Page:Sue - Paula Monti, tome 1, 1845.djvu/81

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de son manteau et de son chapeau d’homme à larges bords.

C’était une femme.

Elle ranima le foyer à demi éteint, alluma deux bougies et entra dans la chambre de madame de Hansfeld pour s’assurer que rien n’avait pu faire soupçonner son absence.

La princesse, après un moment d’abattement, arracha son masque, se leva brusquement, dénoua la ceinture de son domino, et le foula aux pieds avec colère.

Sous ce premier vêtement elle portait une robe noire à manches courtes, qui laissait voir ses épaules, ses bras et sa taille dignes de la Diane antique.

Sa physionomie hautaine, froide, imperturbable pendant son entretien avec M. de Morville, était alors agitée par la violence des plus furieuses passions.

Ses yeux, un peu creux, étincelaient comme deux diamants noirs. Debout devant la glace de la cheminée, elle semblait vouloir pétrir le marbre du chambranle sous ses mains convulsives. Emportée par le flot de ses tumultueuses pensées, elle ne s’aperçut pas du retour de la personne qui l’avait accompagnée.

L’aspect de cette jeune fille était étrange.

Une couleur chaude, brune comme le bronze florentin, couvrait son teint mat et faisait ressortir la blancheur nacrée du globe de l’œil et le bleu clair de la pupille ; ses cheveux châtain