Page:Swarth - Octobre en fleur, 1919.djvu/24

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
16
hélène swarth.

XI.

EN JUILLET.


C’était en plein Juillet, le mois de la moisson.
Un rayon de soleil, comme un pavot qui bouge.
Remuait doucement sur un lourd rideau rouge,
Mais je reposais triste en mon ombreux salon.

L’arôme des lys blancs ennoblissait la chambre,
Les grands lys de la Vierge, ô les plus beaux des lys.
Candides, fiers et purs, ô les lys de jadis !
Mais mon cœur frissonnait de froid, comme en Novembre.

La plage était morose et grise était la mer,
Dont j’avais respiré la fraîche odeur saline.
Mon cœur, seul et frileux, tremblait dans ma poitrine.
Le dégoût du passé rendait mon cœur amer.

Ô la vague d’amour où noyer mon angoisse !
Le passé m’a trompée en celui que j’aimais.
Il ne viendra jamais, celui qui, à jamais
Prendra mon cœur comme une fleur, sans qu’il le froisse.