Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/168

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Quand j’eus achevé mes longs discours, sa majesté, dans une sixième audience, examinant ses extraits, me proposa plusieurs doutes et de fortes objections sur chaque article. Elle me demanda d’abord quels étaient les moyens ordinaires de cultiver l’esprit de notre jeune noblesse ; quelles mesures l’on prenait quand une maison noble venait à s’éteindre, ce qui devait arriver de temps en temps ; quelles qualités étaient nécessaires à ceux qui devaient être créés nouveaux pairs ; si le caprice du prince, une somme d’argent donnée à propos à une dame de la cour et à un favori, ou le dessein de fortifier un parti opposé au bien public, n’étaient jamais les motifs de ces promotions ; quel degré de science les pairs avaient dans les lois de leur pays, et comment ils devenaient capables de décider en dernier ressort des droits de leurs compatriotes ; s’ils étaient toujours exempts d’avarice et de préjugés ; si ces saints évêques dont j’avais parlé parvenaient toujours à ce haut rang par leur science dans les matières théologiques et par la sainteté de leur vie ; s’ils n’avaient jamais intrigué lorsqu’ils n’étaient que de simples prêtres ; s’ils n’avaient pas été quelquefois les aumôniers d’un pair par le moyen duquel ils étaient parvenus à l’évêché, et si, dans ce cas, ils ne