Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/192

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haut que je n’étais auparavant : sur quoi je levai encore mon bâton et mon mouchoir, criant au secours jusqu’à m’enrouer. Pour réponse j’entendis de grandes acclamations répétées trois fois, qui me donnèrent des transports de joie qui ne peuvent être conçus que par ceux qui les sentent ; en même temps j’entendis marcher sur le toit et quelqu’un appelant par l’ouverture et criant en anglais : Y a-t-il là quelqu’un ? Je répondis : Hélas ! oui : je suis un pauvre Anglais, réduit par la fortune à la plus grande calamité qu’aucune créature ait jamais soufferte ; au nom de Dieu, délivrez-moi de ce cachot. La voix me répondit : Rassurez-vous, vous n’avez rien à craindre ; votre boîte est attachée au vaisseau, et le charpentier va venir pour faire un trou dans le toit et vous tirer dehors. Je répondis que cela n’était pas nécessaire et demanderait trop de temps, qu’il suffisait que quelqu’un de l’équipage mît son doigt dans le cordon, afin d’emporter la boîte hors de la mer dans le vaisseau, et après dans la chambre du capitaine. Quelques-uns d’entre eux, m’entendant parler ainsi, pensèrent que j’étais un pauvre insensé, d’autres en rirent ; je ne pensais pas que j’étais alors parmi des hommes de ma taille et de ma force. Le charpentier vint, et dans peu de minutes fit un trou au haut de ma