Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/195

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après avoir ramé autour de la grande caisse et en avoir plusieurs fois fait le tour, il avait observé ma fenêtre ; qu’alors il avait commandé à ses gens de ramer et d’approcher de ce côté-là ; et, qu’attachant un câble à une des gâches de la fenêtre, il l’avait fait remorquer ; qu’on avait vu mon bâton et mon mouchoir hors de l’ouverture, et qu’on avait jugé qu’il fallait que quelques malheureux fussent renfermés dedans. Je lui demandai si lui ou son équipage n’avait point vu des oiseaux prodigieux dans l’air dans le temps qu’il m’avait découvert, à quoi il répondit que, parlant sur ce sujet avec les matelots pendant que je dormais, un d’entre eux lui avait dit qu’il avait observé trois aigles volant vers le nord ; mais il n’avait point remarqué qu’ils fussent plus gros qu’à l’ordinaire ; ce qu’il faut imputer, je crois, à la grande hauteur où ils se trouvaient, et aussi ne put-il pas deviner pourquoi je faisais cette question. Ensuite je demandai au capitaine combien il croyait que nous fussions éloignés de terre ; il me répondit que, par le meilleur calcul qu’il eût pu faire, nous en étions éloignés de cent lieues. Je l’assurai qu’il s’était certainement trompé presque de la moitié, parce que je n’avais pas quitté le pays d’où je venais plus de deux heures avant que je tombasse dans la mer : sur quoi