Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/231

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ment, vint à Lagado sous le prétexte de sa santé, et y demeura cachée pendant plusieurs mois, jusqu’à ce que le roi envoyât la chercher : elle fut trouvée en un état pitoyable, dans une mauvaise auberge, ayant engagé ses habits pour entretenir un laquais vieux et laid, qui la battait tous les jours : on l’arracha de lui malgré elle ; et, quoique son mari l’eût reçue avec bonté, lui eût fait mille caresses, et nuls reproches sur sa conduite, elle s’enfuit encore bientôt après avec tous ses bijoux et toutes ses pierreries, pour aller retrouver ce digne galant ; et on n’a plus entendu parler d’elle.

Le lecteur prendra peut-être cela pour une histoire européenne, ou même anglaise ; mais je le prie de considérer que les caprices de l’espèce femelle ne sont pas bornés à une seule partie du monde ni à un seul climat, mais sont en tous lieux les mêmes.