Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/251

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


glutineuse pour ses mouches, afin que les fils de l’araignée en acquissent plus de solidité et de force.

Je vis ensuite un célèbre astronome qui avait entrepris de placer un cadran à la pointe du grand clocher de la maison de ville, ajustant de telle manière les mouvemens diurnes et annuels du soleil avec le vent, qu’ils pussent s’accorder avec le mouvement de la girouette.

Je me sentais depuis quelques momens une légère douleur de colique, lorsque mon conducteur me fit entrer fort à propos dans la chambre d’un grand médecin qui était devenu très-célèbre par le secret de guérir la colique d’une manière tout-à-fait merveilleuse. Il avait un grand soufflet, dont le tuyau était d’ivoire ; c’était en insinuant plusieurs fois ce tuyau dans l’anus, qu’il prétendait, par cette espèce de clystère de vent, attirer tous les vents intérieurs, et purger ainsi les entrailles attaquées de la colique : il fit son opération sur un chien, qui par malheur en creva sur-le-champ ; ce qui déconcerta fort notre docteur, et ne me fit pas naître l’envie d’avoir recours à son remède.

Après avoir visité le bâtiment des arts, je passai dans l’autre corps-de-logis, où étaient les faiseurs de systèmes par rapport aux sciences. Nous entrâmes d’abord dans l’école du langage,