Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/279

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asht ! C’est un formulaire établi par les lois de ce royaume pour tous ceux qui sont admis à l’audience, et qu’on peut traduire ainsi : Puisse votre céleste majesté survivre au soleil ! Le roi me fit une réponse que je ne compris point, et à laquelle je fis cette réplique, comme on me l’avait apprise : Fluft drin valerick dwuldom prastrod mirpush ; c’est-à-dire, Ma langue est dans la bouche de mon ami. Je fis entendre par là que je désirais me servir de mon interprète : alors on fit entrer ce jeune garçon dont j’ai parlé, et, avec son secours, je répondis à toutes les questions que sa majesté me fit pendant une demi-heure. Je parlais balnibarbien, mon interprète rendait mes paroles en luggnaggien.

Le roi prit beaucoup de plaisir à mon entretien, et ordonna à son bliffmarklub, ou chambellan, de faire préparer un logement dans son palais, pour moi et mon interprète, et de me donner une somme par jour pour ma table, avec une bourse pleine d’or pour mes menus plaisirs.

Je demeurai trois mois en cette cour, pour obéir à sa majesté, qui me combla de ses bontés, et me fit des offres très-gracieuses pour m’engager à m’établir dans ses États ; mais je crus devoir le remercier, et songer plutôt à re-