Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/352

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à donner aux autres des leçons de sagesse et de vertu, et qu’ils fissent part au public de leurs lumières ? car ces habiles gens possèdent sans doute toutes les sciences. Point du tout, répliquai-je ; ils ne savent que leur métier, et rien autre chose ; ce sont les plus grands ignorans du monde sur toute autre matière : ils sont ennemis de la belle littérature et de toutes les sciences ; et, dans le commerce ordinaire de la vie, ils paraissent stupides, pesans, ennuyeux, impolis. Je parle en général ; car il s’en trouve quelques-uns qui sont spirituels, agréables et galans.


CHAPITRE VI.

Du luxe, de l’intempérance et des maladies qui règnent en Europe. — Caractère de la noblesse.

Mon maître ne pouvait comprendre comment toute cette race de patriciens était si malfaisante et si redoutable. Quel motif, disait-il, les porte à faire un tort si considérable à ceux qui ont besoin de leur secours ? et que voulez-vous dire par cette récompense que l’on promet à un