Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/371

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les genres d’impudicité qui règnent parmi les yahous de son pays : ç’aurait été l’affreuse image de nos débauches à la mode, où la nature ne suffit pas à nos désirs effrénés, où cette nature se cherche sans se trouver, et où nous nous formons des plaisirs inconnus aux autres animaux : vice odieux auquel les seuls yahous ont du penchant, et que la raison n’a pu étouffer dans deux de notre hémisphère.


CHAPITRE VIII.

Philosophie et mœurs des Houyhnhnms.

Je priais quelquefois mon maître de me laisser voir les troupeaux de yahous du voisinage, afin d’examiner par moi-même leurs manières et leurs inclinations. Persuadé de l’aversion que j’avais pour eux, il n’appréhenda point que leur vue et leur commerce me corrompît ; mais il voulut qu’un gros cheval alezan-brûlé, l’un de ses fidèles domestiques, et qui était d’un fort bon naturel, m’accompagnât toujours, de peur qu’il ne m’arrivât quelque accident.

Ces yahous me regardaient comme un de leurs