Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/40

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plusieurs officiers de l’armée se rendirent à la porte de la grand’chambre où le conseil impérial était assemblé ; et deux d’entre eux, ayant été introduits, rendirent compte de ma conduite à l’égard des six criminels dont j’ai parlé, ce qui fit une impression si favorable sur l’esprit de sa majesté et de tout le conseil, qu’une commission impériale fut aussitôt expédiée pour obliger tous les villages, à quatre cent cinquante toises aux environs de la ville, de livrer tous les matins six bœufs, quarante moutons, et d’autres vivres pour ma nourriture, avec une quantité proportionnée de pain et de vin, et d’autres boissons. Pour le paiement de ces vivres, sa majesté donna des assignations sur son trésor. Ce prince n’a d’autres revenus que ceux de son domaine, et ce n’est que dans des occasions importantes qu’il lève des impôts sur ses sujets, qui sont obligés de le suivre à la guerre à leurs dépens. On nomma six cents personnes pour me servir, qui furent pourvues d’appointemens pour leur dépense de bouche, et de tentes construites très-commodément de chaque côté de ma porte. Il fut aussi ordonné que trois cents tailleurs me feraient un habit à la mode du pays ; que six hommes de lettres, des plus savans de l’empire, seraient chargés de m’apprendre la langue ; et enfin, que les chevaux de l’empereur