Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/409

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et les valets ; qu’au surplus il croirait ce qu’il lui plairait, mais que j’étais prêt à répondre à toutes les difficultés qu’il pourrait m’opposer, et que je me flattais de lui pouvoir faire connaître la vérité.

Le capitaine, homme sensé, après m’avoir fait plusieurs autres questions pour voir si je ne me couperais pas dans mes discours, et avoir vu que tout ce que je disais était juste et que toutes les parties de mon histoire se rapportaient les unes aux autres, commença à avoir un peu meilleure opinion de ma sincérité ; d’autant plus qu’il m’avoua qu’il s’était autrefois rencontré avec un matelot hollandais, lequel lui avait dit qu’il avait pris terre avec cinq autres de ses camarades à une certaine île ou continent au sud de la Nouvelle-Hollande, où ils avaient mouillé pour faire aiguade ; qu’ils avaient aperçu un cheval chassant devant lui un troupeau d’animaux parfaitement ressemblans à ceux que je lui avais décrits et auxquels je donnais le nom d’yahous, avec plusieurs autres particularités que le capitaine me dit qu’il avait oubliées, et dont il s’était mis alors peu en peine de charger sa mémoire, les regardant comme des mensonges.

Il ajouta que, puisque je faisais profession d’un si grand attachement à la vérité, il voulait