Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/54

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Lilliput ; les délices et la terreur de l’univers, dont les États s’étendent à cinq mille blustrugs (c’est-à-dire environ six lieues en circuit) aux extrémités du globe, souverain de tous les souverains, plus haut que les fils des hommes, dont les pieds pressent la terre jusqu’au centre, dont la tête touche le soleil, dont un clin d’œil fait trembler les genoux des potentats, aimable comme le printemps, agréable comme l’été, abondant comme l’automne, terrible comme l’hiver ; à tous nos sujets aimés et féaux, salut. Sa très-haute majesté propose à l’homme Montagne les articles suivans, lesquels, pour préliminaire, il sera obligé de ratifier par un serment solennel :

I. L’homme Montagne ne sortira point de nos vastes États sans notre permission scellée du grand sceau.

II. Il ne prendra point la liberté d’entrer dans notre capitale sans notre ordre exprès, afin que les habitans soient avertis deux heures auparavant de se tenir renfermés chez eux.

III. Ledit homme Montagne bornera ses promenades à nos principaux grands chemins, et se gardera de se promener ou de se coucher dans un pré ou pièce de blé.

IV. En se promenant par lesdits chemins, il prendra tout le soin possible de ne fouler aux