Page:TMI - Procès des grands criminels de guerre devant le Tribunal militaire international, vol. 1, 1947.djvu/318

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Hitler indiquant que, à son avis, une modification favorable à l’Allemagne du statu quo à l’Est ne pouvait être obtenue que par la force et proposant des moyens d’empêcher l’Angleterre et la France d’intervenir dans une guerre européenne faite à cette fin. Quand von Ribbentrop devint ministre des Affaires étrangères, Hitler lui déclara que l’Allemagne avait encore quatre problèmes à résoudre, l’Autriche, les territoires des Sudètes, Memel et Dantzig, et mentionna la possibilité « d’abattre son jeu » et de recourir à un « règlement militaire » pour les résoudre.

Le 12 février 1938, von Ribbentrop assista à l’entretien au cours duquel Hitler força Schuschnigg, par des menaces d’invasion, à faire une série de concessions destinées à renforcer la position des nazis en Autriche et qui comprenaient notamment la nomination de Seyss-Inquart au poste de ministre de la Sûreté et de l’Intérieur, avec contrôle de la police. Von Ribbentrop était à Londres quand l’occupation de l’Autriche fut réalisée et, grâce aux renseignements que lui fournit Göring, il informa le Gouvernement britannique du fait que l’Allemagne n’avait pas présenté à l’Autriche un ultimatum, mais n’était intervenue que pour empêcher une guerre civile. Le 13 mars 1938, von Ribbentrop signa la loi incorporant l’Autriche au Reich allemand.

Von Ribbentrop participa aux plans d’agression contre la Tchécoslovaquie. Dès mars 1938, il se tint en contact étroit avec le parti allemand des Sudètes et lui donna des instructions qui avaient pour but de continuer à faire du problème des Sudètes une question brûlante, susceptible de servir d’excuse à l’attaque projetée contre la Tchécoslovaquie. En août 1938, il participa à une conférence dont l’objet était d’obtenir l’appui des Hongrois en cas de guerre avec la Tchécoslovaquie. Après le Pacte de Munich, il continua d’exercer une pression diplomatique en vue d’occuper le reste de ce pays. Il contribua à inciter les Slovaques à proclamer leur indépendance. Il assista à la conférence des 14 et 15 mars 1939, au cours de laquelle Hitler, sous la menace d’une invasion, obligea le président Hacha à consentir à l’occupation de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne. Après l’entrée des troupes allemandes, von Ribbentrop signa la loi établissant un protectorat sur la Bohême et la Moravie.

Von Ribbentrop joua un rôle particulièrement important dans l’activité diplomatique qui conduisit à l’agression contre la Pologne. Il prit part, le 12 août 1939, à une conférence dont le but était d’obtenir l’appui de l’Italie si l’attaque conduisait à une guerre générale en Europe. Dans la période comprise entre le 25 et le 30 août 1939, von Ribbentrop exposa à l’Ambassadeur britannique les demandes allemandes concernant Dantzig et le corridor polonais ; il savait pourtant que l’attaque contre la Pologne n’avait été provisoirement ajournée que pour inciter les Anglais à se dégager de la garantie