Page:Tagore - L’Offrande lyrique.djvu/29

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volupté ; tu excites, tu émeus en moi une puissante résolution de continuer toujours mon effort vers la plus haute existence… »

Bien plus, Faust lui-même, à la fin de ce monologue contemplant la cascade qui ruisselle de la montagne, dira :

« De chute en chute elle roule, se répandant à tout instant en mille et mille courants, faisant siffler haut dans les airs écume sur écume. Mais avec quelle majesté, naissant de cette tempête, se recourbe la changeante durée de l’arc, aux couleurs variées, tantôt purement dessiné, tantôt se dissipant dans l’air, répandant alentour une fraîche et vaporeuse ondée ! C’est ici le miroir de l’énergie humaine. Penses-y, et tu saisiras plus nettement : ce reflet coloré nous représente la vie. »

Et c’est bien à peu près là — ce reflet coloré — ce que la philosophie hindoue appellera Maya. Mais la joie qu’enseigne Tagore, c’est au delà précisément de la Maya qu’il la trouve ; et c’est tant qu’il cherchait son Dieu en deçà du reflet coloré, du mouvant rideau des phénomènes que son âme restait altérée.


Le jour que la fleur de lotus s’ouvrit, hélas ! mon