Page:Taine - Les Origines de la France contemporaine, t. 11, 1904.djvu/78

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L’ÉGLISE


l’améliorer ; il n’y a rien que le temps, la réflexion, l’émulation, le zèle administratif, ne perfectionnent. Bossuet enseigne aux enfants qu’ils doivent « respecter tous supérieurs, pasteurs, rois, magistrats et autres ». Mais ces généralités[1], dit Portalis, ne suffisent plus, elles ne dirigent pas la soumission des sujets vers son véritable but… Il s’agit d’attacher la conscience des peuples à l’auguste personne de Votre Majesté. » Ainsi, précisons, nommons, appuyons. Bien plus explicite que le catéchisme royal, le catéchisme impérial ajoute à l’ancien des développements significatifs et des motifs de surcroît : « Nous devons en particulier à Napoléon ier, notre empereur, l’amour, le respect, l’obéissance, la fidélité, le service militaire, les tributs ordonnés pour la conservation et la défense de l’empire et de son trône… Car il est celui que Dieu a suscité, dans des circonstances difficiles, pour rétablir le culte public et la religion sainte de nos pères, et pour en être le protecteur. » Voilà ce que dans chaque paroisse de l’empire, devant le vicaire ou le curé, tous les petits garçons et toutes les petites filles viendront, de leur voix clairette, réciter après vêpres, comme un commandement de Dieu et de l’Église, comme un article de foi supplémentaire. Cependant, du haut de la chaire[2],

  1. Comte d’Haussonville, II, 257 (Rapport de Portalis à l’empereur, 13 février 1806). — Ib., II, 266.
  2. Ib., II, 257, 239, 272. Pelet de la Lozère, 201. « D’autres fois, Napoléon se louait des prêtres, voulait leurs « services, attribuant en grande partie à leur influence le départ des conscrits et les soumissions des peuples ». — Ib., 173 (20 mai 1806,