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AU CANADA

un certain changement dans les cordes vocales des Canadiens-français.[1]

Fermons maintenant la parenthèse pour entendre M. Gailly de Taurines, dans son ouvrage La Nation canadienne, publié en 1894, page 245, nous dire ce qu’il pense du langage canadien :

“ La distance, le temps ont bien amené, entre le langage des Français et celui des Canadiens, quelques petites différences de prononciation ou d’expressions, mais elles ne vont pas au-delà de celles que nous pouvons constater, en France même, entre nos différentes provinces. D’une façon générale on peut dire que la langue populaire des Canadiens est infiniment meilleure et plus correcte que la langue populaire en France. ”

Le Père Mansion, S. J. (voir son Manuel de Prononciation française 1873 p. 11) dit : “ Dans le midi de la France, la distinction des différents sons de l’a, de l’e et de l’o s’affaiblit pour faire place à un certain milieu. À Bordeaux, tous les a sont aigus, et tous les o sont graves : on prononce l’a de flamme comme celui de rame, et l’on dit : parôle, ôrange. ”

  1. À propos du français de la Suisse, j’extrais la note suivante d’une lettre reçue dernièrement : “ Je me rappelle avoir été frappé du grand nombre de nos expressions canadiennes qui se trouvent dans saint François de Sales, édition de ses œuvres non habillées en français moderne. ”