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AU CANADA

tres sur l’Amérique : Canada, États-Unis, Havane, p. 95, en parlant de notre pays : “ Ici l’on garde, dans l’usage de notre langue, cette élégance, cette sorte d’atticisme du grand siècle. Le peuple lui-même le parle assez correctement et n’a point de patois.

Rameau, dans son bel ouvrage : La France aux Colonies, pouvait écrire après un assez long séjour au Canada : “ Sur les bords du Saint-Laurent, notre langue n’a pas plus dégénéré que notre caractère. ” Et ailleurs, parlant de la Littérature canadienne, il mentionne notre langue comme étant bien réellement la vraie langue française, “ la langue française, dit-il, si gracieusement conservée dans toute sa pureté.

Voici un autre témoignage aussi précis que précieux, celui de M. J.-J. Ampère : “ Pour retrouver vivantes dans la langue les traditions du grand siècle, il faut aller au Canada… Aussi, l’habitant canadien est-il en général religieux, probe ; et ses manières n’ont rien de vulgaire et de grossier. Il ne parle pas le patois qu’on parle aujourd’hui dans les villages de Normandie. Sous son habit de bure grise, il a une sorte de noblesse rustique. Quelquefois, il est