Page:Tardivel - La Langue française au Canada, 1901.djvu/76

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
42
LA LANGUE FRANÇAISE

pagne laquelle passe souvent pour incorrecte, négligée, corrompue, est, en réalité, la véritable prononciation française d’autrefois, conservée à peu près intacte par la tradition.


Faut-il tenter de la rétablir dans nos collèges et nos couvents cette prononciation d’autrefois et enseigner à notre jeunesse studieuse à prononcer : i zaiment, pour ils aiment ; note curé, pour notre curé ; quèque chose et quequ’un, pour quelque chose et quelquun ; su la table, pour sur la table ; gloère, crère, dévoère, etc. ? Assurément non. Mais, par exemple, il faut bien se garder de rire de ces archaïsmes de prononciation et d’admettre que c’est du patois, ou encore moins une prononciation corrompue.


Voyons maintenant si les Canadiens, qui ont si bien conservé l’antique prononciation, ont gâté la langue française en y ajoutant des mots de leur cru.