Page:Textes choisis (Leonardo da Vinci, transl. Péladan, 1907).djvu/311

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griffes et de bec d’un merle importun, se désolait, avec piteux reproches, contre ce merle et lui demanda pourquoi il lui prenait ses fruits délicats, et au moins qu’il ne le privât pas de ses feuilles qui le défendaient des rayons trop chauds du soleil et que son ongle aigu n’excoriât pas son écorce. À cela le merle vilainement répondit : « Tais-toi, sauvage rejeton ! Ne sais-tu pas que la nature te fait produire ces fruits pour me nourrir ? Ne vois-tu pas que seul au monde, je me sers de cet aliment ? Tu ne sais, vilain, que tu seras, au prochain hiver, l’aliment du feu. » L’arbre écouta ces paroles patiemment, mais non sans larmes ; peu après le merle fut pris en des rêts et on coupa des rameaux pour faire une cage et enfermer le merle ; un bout des branches forma les barreaux de cage, qui firent perdre la liberté à l’oiseau et le troène lui dit : « Ô merle, je ne suis pas encore consumé par le feu, selon ton dire, je te vois d’abord prisonnier, toi qui m’as rongé. » (CA. 67, v.)

543. — Le filet qui servait à prendre les poissons fut enlevé et déchiré par leur fureur. (R. 1314.)

544. — Comme la branche du noyer — qui seule est frappée et battue, quand elle a conduit ses fruits à maturité — si on examine que moyennant la fin de leur fameuse opération elles sont frappées de l’envie par divers modes. (H. 98, r.)