Page:Tharaud - Dingley.djvu/14

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anglaises sous le manteau patriarcal d’une monarchie fastueuse, douce ou terrible, à la manière des despotes d’Orient, faisait sacrer la Reine de Grande-Bretagne Impératrice des Indes. Et voilà que trente ans plus tard, tandis que Gladstone déchu opposait à une politique guerrière de vains soucis moraux et religieux, Disraëli, devenu tout puissant, réalisait point par point le rêve précis de sa jeunesse.

Magnifique aventure d’un homme qui avait écrit sa vie avant de l’avoir vécue ! Un Juif ! Et pourtant le plus symbolique des Anglais par sa double souveraineté dans l’action et le rêve. Dingley était jaloux d’une gloire si complète, et admirant en Disraëli le maître incontesté de cette œuvre grandiose, il se réservait la tâche d’enthousiasmer pour elle l’imagination britannique.

Or, depuis huit mois, l’Angleterre était battue par des paysans. Le plus grand Empire du Monde, une armée nombreuse, des généraux instruits par l’expérience de maintes campagnes reculaient, au Transvaal,