Page:Tharaud - Dingley.djvu/166

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fixés sur les fourmis qui s’affolaient autour de leur demeure détruite.

Devinant son irritation, Mistress Dingley intervint :

— Mon ami, lui dit-elle, nos excellents voisins viennent de recevoir la nouvelle que Monsieur Lucas du Toit a été fait prisonnier. On va le juger dans quelques jours. Peut-être que si vous faisiez appel à la pitié des juges, ils montreraient plus d’indulgence.

— Monsieur, reprit Madame du Toit…

Mais son mari lui coupa la parole, et s’adressant à Dingley avec ce ton cérémonieux qui lui était habituel, mais où l’on sentait frémir la plus cruelle inquiétude :

— Je ne sais, dit-il, si vous êtes exactement au courant de la question. Notre malheureux enfant n’est pas seulement accusé d’avoir pris déloyalement les armes contre sa patrie. Cela, d’autres l’ont fait, égarés comme lui, et ils n’ont pas eu à subir les dernières rigueurs de la loi. Mon fils — et c’est le chef d’accusation le plus grave — mon fils est encore accusé d’avoir