Page:Tharaud - Dingley.djvu/174

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De loin, elle aperçut Rosendaal éclairé des derniers feux du couchant. Derrière ces vitres embrasées, les du Toit étaient penchés sur des cendres. Sa place n’était plus là-bas, dans cette salle, au milieu de ces gens. Elle n’ouvrirait plus d’un geste familier leur humble porte fermée.

Du moins voulut-elle qu’un témoignage attestât à ses voisins son passage et son amitié. Sur un banc, oubliés par elle, les poèmes de Shelley étaient restés un jour. Elle y chercha les strophes ardentes, où le poète glorifie dans les Espagnols d’Amérique, soulevés contre leur métropole, la révolte de tous les cœurs fiers :


Chevauchez libres, ô cavaliers,
Dans vos vastes plaines.
Vous pouvez couronner vos fronts
De violettes et de roses, de toutes les fleurs
Divines d’espérance et d’éternité.


Pour maintenir le livre ouvert à cette page, elle y posa des sauges, et le laissa sur