Page:Tharaud - Dingley.djvu/84

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apportent pas, je vous l’assure, l’émotion que me donne, à moi, la seule attente de vos lettres. Je vis plus que vous dans ma solitude. Croyez-moi, pas un de ces faits que vous prenez tant de mal à recueillir ne vaut un sourire de votre fils, et votre gloire ne paiera jamais une seconde de mon inquiétude.

« Ici, nous avons eu un drame dont je suis encore bouleversée. Vous vous étiez trompé sur son compte. Non, votre ami Lucas du Toit n’était pas de votre jungle ! Il est parti, voici trois jours, dans le nord de la Colonie, rejoindre les commandos boers. Il s’est sauvé de nuit, comme un voleur, emmenant un domestique et les deux meilleurs chevaux. Sa mère l’a entendu s’en aller. Elle aurait voulu se lever, le prendre, le retenir dans ses bras ! Mais elle est restée sans bouger, par crainte de réveiller son mari dont elle redoutait la violence.

« La pauvre femme est inconsolable. L’honorable M. Prétorius jure que s’il tenait son fils, il l’étranglerait de ses mains. Seule, dans la maison, sa grand’mère prend parti