Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/114

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Avec votre doigt, Maria Henrikovna, ce sera encore meilleur.

— C’est chaud ! répondit-elle en rougissant de plaisir.

Iline prit le seau d’eau et, y versant une goutte de rhum, il s’approcha de Maria Henrikovna et lui demanda de mêler avec son doigt.

— C’est ma tasse, dit-il, mettez seulement votre petit doigt et je boirai tout.

Quand le samovar fut vide, Rostov prit les cartes et proposa de jouer « aux rois » avec Maria Henrikovna. On tira au sort qui ferait la partie avec elle. Sur la proposition de Rostov il fut établi, comme règles du jeu, que celui qui serait le roi aurait le droit de baiser la main de Maria Henrikovna et que celui qui resterait « le coquin », devrait faire bouillir le samovar pour le docteur quand il se réveillerait.

— Et si Maria Henrikovna est le roi ? demanda Iline.

— Elle est déjà la reine et ses ordres sont la loi. Aussitôt le jeu commença. Soudain, la tête ébouriffée du docteur se dressa derrière Maria Henrikovna. Depuis un moment il ne dormait plus ; il écoutait ce qui se disait et, évidemment, n’y trouvait rien de drôle ni d’amusant Son visage était triste et ennuyé.

Il ne salua pas les officiers, se gratta et demanda la permission de sortir, car le passage lui était