Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/150

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XIX

Depuis le jour que Pierre, en quittant les Rostov et regardant la comète qui était au ciel, s’était rappelé le regard reconnaissant de Natacha et avait senti que pour lui se découvrait quelque chose de nouveau, la question qui le tourmentait sur la vanité et l’inanité de toute sa vie, se présentait sans cesse à son esprit. Cette terrible question : Pourquoi ? Comment ? qui autrefois se présentait à lui à chaque occupation, faisait place pour lui non à une autre question, non à la réponse à la question ancienne mais à son image. Causait-il ou écoutait-il les propos les plus indifférents, lisait-il ou apprenait-il quelque lâcheté ou folie humaines, il ne s’en effrayait pas comme auparavant mais se demandait pourquoi les hommes s’agitent, quand tout est si bref et inconnu, et il se rappelait Natacha telle qu’il l’avait vue la dernière fois, et tous ses doutes disparaissaient, non parce qu’elle répon-